C1 production orale : L’égalité hommes/femmes

I. Consigne : DALF C1 Production Orale
(60 minutes de préparation; 8-10 minutes de présentation, 15-20 minutes de débat) :
Le candidat tire au sort deux sujets. Il en choisit un. Ensuite, il dispose d’une heure de préparation. Il doit présenter une réflexion ordonnée à partir du thème indiqué et des documents qui constituent le sujet (8 à 10 minutes). Son exposé sera suivi d’un débat avec le jury (15 à 20 minutes). Lors de la passation, les deux parties s’enchaînent, mais vous signalerez au candidat le passage d’une tâche à l’autre.
Attention : Les documents sont une source documentaire pour votre exposé. Vous devez pouvoir en exploiter le contenu en y puisant des pistes de réflexion, des informations et des exemples, mais vous devez également introduire des commentaires, des idées et des exemples qui vous soient propres afin de construire une véritable réflexion personnelle. En aucun cas vous ne devez vous limiter à un simple compte rendu des documents.
L’usage de dictionnaires monolingues français / français est autorisé.
Thème de l’exposé : L’égalité hommes/femmes
II. Documents
Document 1 : Comment rendre la ville aux femmes ?
Chris Blache, socio-ethnographe, explore la représentation des femmes et de son évolution dans la société. Des pistes sont évoquées pour favoriser une véritable mixité dans l’espace public.
Comment les femmes occupent-elles l’espace public ?
Les femmes ne sont pas absentes de l’espace public, elles en développent une occupation particulière. Les hommes l’occupent, les femmes s’y occupent… Elles gèrent les fonctions d’accompagnement, les courses, les enfants. Elles sont rarement dans une situation de flânerie ou de détente sur un banc. Cela est lié aux injonctions que les femmes reçoivent depuis toujours. Enfants, dès la cour d’école, elles apprennent les frontières à ne pas dépasser, comme l’explique la géographe Edith Maruéjouls dans son étude sur l’accès aux loisirs des jeunes, alors que les garçons sont encouragés à oser, à se dépasser, à prendre le territoire.
Par ailleurs, les normes de genre imposent de nombreuses contraintes aux femmes : bien se tenir, surveiller sa mise, ne pas risquer d’être perçue comme « facile ». De fait, elles sont sous contrôle permanent : le vêtement trop court ou trop long, trop voyant ou pas assez seyant, tout est prétexte à les juger. Résultat, elles ont des stratégies vestimentaires, des stratégies pour leurs déplacements, des stratégies dans leurs attitudes. Plutôt que de s’exposer, elles s’autocensurent. Seuls certains espaces semblent échapper à la règle, les parcs par exemple, et encore, pas à n’importe quelle heure. Dans ces lieux plus propices à la détente, les sociabilités sont différentes, l’espace est mieux partagé, moins normé autour d’activités spécifiquement masculines comme sur les terrains de sport.
Comment la place des femmes dans l’espace public a-t-elle évolué au cours de l’histoire ?
À l’ère industrielle, il y a eu un très fort apport de main-d’œuvre dans les villes. Femmes et hommes étaient, alors, très présents dans les rues. Les femmes qui avaient des petits métiers, très mal rémunérés, arrondissaient les fins de mois en revendant des restes de nourriture, les chutes de tissu, du tabac… Puis Haussmann, avec sa volonté de contrôler l’espace, a fait rentrer tout le monde à l’intérieur, les familles bourgeoises comme les plus pauvres. Une logique militaire, un ordre masculin et bourgeois a été instauré. Des marchés ouverts ont été créés, alors qu’auparavant les « marchandes de quatre saisons », comme on disait à l’époque, traînaient leur charrette dans les rues. Les femmes qui fréquentaient la rue sont dès lors considérées comme des femmes de petite vertu. Cette image reste très forte dans les esprits et les comportements.
Les femmes ont-elles plus de difficultés à occuper l’espace public qu’il y a cinquante ans ?
Les sociabilités ont changé, le paysage urbain aussi. Il y a cinquante ans, les villes étaient d’une certaine manière plus dangereuses, et pourtant les espaces publics étaient plus vivants, plus mixtes. Aujourd’hui, l’espace est moins dangereux, mais il se rétrécit pour tout le monde. Les immeubles se renferment derrière des digicodes, une crainte de « l’autre » s’installe, et ce sont ceux qui se sentent les plus légitimes à évoluer dans l’espace public qui l’occupent. Les autres – les femmes, les enfants, les personnes âgées, les hommes qui ne répondent pas aux codes normatifs de masculinité – sont invités à être attentifs, à ne pas se mettre en danger. Ce sentiment de peur est très pervers car il crée un cercle vicieux de stérilisation de l’espace public. Or, seul un espace plus ouvert, tant sur le plan symbolique que réel, encourage à la mixité des usages et des personnes. […]
À Paris, Genre et Ville travaille sur le réaménagement de deux places, celles du Panthéon et de la Madeleine. Quel est l’objectif ?
La question du genre a été intégrée dès l’appel d’offres, mais le défi est de taille car les services comme les équipes n’ont pas l’habitude d’intégrer cette dimension. L’urbanisme en France est très réglementaire et les aspects sociologiques ne sont pas une priorité. Par ailleurs, la question du genre n’est pas intégrée au programme des écoles d’architecture ou d’urbanisme. Par conséquent, il est rarement pris en compte dans les projets.
La place du Panthéon est, par exemple, assez mixte dans ses usages, grâce à la forte présence d’étudiant(e)s et de touristes. En revanche, le monument impose une symbolique masculine très forte. Seules quatre femmes, bientôt cinq avec Simone Veil, reposent à l’intérieur. Même la devise – « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » – est significative. C’est un lieu où le poids de l’histoire est fort, et où la légitimité des femmes est institutionnellement et historiquement niée. Il a donc été évident pour notre collectif qu’il fallait, sur cette place, activer le levier mémoriel. Rappeler l’apport des femmes, grandes oubliées, dans l’histoire. C’est pourquoi nous avons pour objectif de graver une multitude de noms de femmes, connues ou à connaître, sur les pavés de la place. Mais rien n’est gagné, car il est difficile en France de toucher à une place classée aux monuments historiques.
La place de la Madeleine est un lieu plus complexe, moins lisible. C’est un endroit bruyant, avec beaucoup de passage. Jusqu’à présent, on travaille sur les usages. On s’est aperçu que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à déjeuner dans la rue, une situation liée à la fois à des aspects économiques – les femmes travaillant dans le quartier n’ayant pas les plus forts salaires –, et à des habitudes différentes en termes de socialisation – une femme ira moins facilement au restaurant, surtout seule. L’ensemble des données collectées nous permettra de penser l’avenir de la place.
Chris Blache, propos recueillis par Feriel Alouti, Le Monde idées, 03/09/2017
Document 2 : Egalité hommes/femmes, est-ce une réalité ?
Egalité, Parité, Mixité… que de mots en « té » qui visent à créer dans notre société les conditions d’égalité professionnelle, juridique et sociale entre les hommes et les femmes.
Pendant très longtemps, la femme a été cantonnée au rang d’épouse et de mère et n’avait que peu de place en collectivité. Aujourd’hui encore, la maternité reste un frein dans l’évolution de carrière des femmes.
De nos jours, il émane de la société un désir de socialisation qui fait se rencontrer toutes les différences et qui surtout fait prendre conscience que dans le monde où nous vivons compétences, talents, défauts… ne sont pas définis par le sexe. Il est temps d’oser la mixité ! Dépassons le cadre légal et faisons de l’entreprise un espace d’émancipation et bouleversons les mentalités.
Si l’Etat légifère de longue date, l’égalité entre les hommes et les femmes fait toujours débat. De nombreuses initiatives sont prises pour réduire les écarts, mais force est de constater que les femmes représentent 75% des personnes en sous-emploi (selon les Nations Unies) et sur la population mondiale les 2/3 des femmes sont illettrées. A l’échelon national, elles restent peu nombreuses à accéder à des postes de direction dans les entreprises et de haut niveau dans la représentation nationale.
En effet, les stéréotypes ont la « dent dure » et depuis l’article 3 du préambule de la Constitution (27/10/1946), garantissant à la femme des droits égaux à ceux de l’homme dans tous les domaines, le gouvernement français n’a de cesse de vouloir faire évoluer les mentalités et l’égalité des droits. Pour cela, après la loi sur l’égalité salariale entre les hommes et les femmes (23/03/2006), la modification de l’article 1 de la Constitution (égal accès aux mandats électoraux – 23/07/2008)… la loi du 04/08/2014 prône « l’égalité entre les femmes et les hommes et vise à combattre les inégalités dans les sphères privée, professionnelle et publique ». Cette loi incite entre autres mesures, par exemple, les pères à prendre le congé parental et tend à généraliser le principe de parité. Cette loi favorise notamment l’amélioration de la vie au quotidien de la femme, le changement de mentalité à son égard et surtout faire progresser ses droits (lutte contre les violences faites aux femmes, parité en instaurant l’égal accès aux responsabilités dans tous les domaines, lutte contre les stéréotypes sexistes…).
Toutes ces dispositions sont prises pour régir les relations entre les individus dans la vie privée et professionnelle. Les entreprises sont désormais condamnées pour discrimination lorsqu’elles ne respectent pas leurs obligations en matière d’égalité professionnelle (quelques chiffres : 18,8% d’écarts de salaires, 26,9% de femmes députées). Une structure condamnée pour discrimination ne peut se positionner sur les marchés publics. Malgré, les politiques de mixité engagées par les entreprises, l’Etat doit encore sanctionner pour vaincre le comportement sexiste de certains dirigeants.
Il est à noter que sur le territoire national, certains grands groupes se veulent être des exemples en matière de parité et pour ne citer que lui, Orange a fait de la mixité une de ses priorités et a ainsi obtenu en 2013 le prix du ministère des droits des femmes. A travers le monde, il forme des équipes de direction au féminin. Veolia Environnement est également dans cette perspective et fait rimer la mixité, l’égalité professionnelle et le leadership avec le féminin.
Si les grands groupes sont précurseurs en la matière, au sein des TPE/PME la réalité est toute autre, alors même qu’elles représentent près de la moitié de l’emploi salarié.
Malgré les initiatives et les textes en vigueur, les mentalités ont du mal à évoluer…
Cabinet de recrutement Fraissinet et associés
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