C1 production orale : Le réchauffement climatique

I. Consigne : DALF C1 Production Orale

(60 minutes de préparation; 8-10 minutes de présentation, 15-20 minutes de débat) :

Le candidat tire au sort deux sujets. Il en choisit un. Ensuite, il dispose d’une heure de préparation. Il doit présenter une réflexion ordonnée à partir du thème indiqué et des documents qui constituent le sujet (8 à 10 minutes). Son exposé sera suivi d’un débat avec le jury (15 à 20 minutes). Lors de la passation, les deux parties s’enchaînent, mais vous signalerez au candidat le passage d’une tâche à l’autre.

Attention : Les documents sont une source documentaire pour votre exposé. Vous devez pouvoir en exploiter le contenu en y puisant des pistes de réflexion, des informations et des exemples, mais vous devez également introduire des commentaires, des idées et des exemples qui vous soient propres afin de construire une véritable réflexion personnelle. En aucun cas vous ne devez vous limiter à un simple compte rendu des documents.

L’usage de dictionnaires monolingues français / français est autorisé.

Thème de l’exposé : Peut-on freiner le réchauffement climatique ?


II. Documents

Document 1 : Pour une écologie non punitive

Il est possible de freiner le réchauffement climatique sans recourir au dirigisme ni choisir la décroissance, argumente l’économiste. Longtemps, le réflexe des intellectuels libéraux et des politiques a été de nier le réchauffement climatique et ses causes humaines. La plupart d’entre eux voyaient dans l’écologie politique la simple re-colorisation, du rouge au vert, des idées de Mai 68. Or la Terre fait objectivement face à un défi écologique inédit qui n’est d’ailleurs pas forcément celui auquel on pense spontanément. Longtemps, on a pu croire que notre planète était menacée d’une pénurie de ressources énergétiques fossiles. C’est désormais loin d’être évident. Les nouvelles techniques d’extraction de gaz et de pétrole éloignent dans le temps le pic de production des hydrocarbures, dont les réserves prouvées sont colossales. La start-up américaine Moon Express a obtenu cet été l’autorisation d’aller poser une capsule sur la Lune en 2017. L’objectif de ce type d’entreprise (le secteur spatial est en plein boom aux États-Unis) est de ramener sur terre des métaux et des pierres avec, en ligne de mire, l’hélium 3, ce gaz incroyablement dense en énergie.

Le principal souci écologique n’est pas l’accès aux ressources énergétiques mais le réchauffement climatique. Le rapport State of the Climate nous a confirmé cet été que l’année précédente avait battu tous les records de température au sol, température de surface des océans, niveau des mers. Des climatologues du Universal Ecological Fund ont souligné que le réchauffement s’accélérait. Notre objectif collectif est donc bien de réduire rapidement et drastiquement les émissions de CO₂ en évitant la décroissance. La planification écologique est vouée à l’échec : l’État ne peut pas mieux faire que subventionner des filières à l’aveugle, engageant l’argent du contribuable, dans la production de panneaux photovoltaïques, dans l’éolien sur terre, en mer, ou sous l’eau… On me répondra que le marché ne sait pas mieux que l’État. C’est vrai mais le marché, atomisé par nature, disperse les erreurs, là où l’État les concentre. Quant à la décroissance, elle est tout simplement contraire à ce que nous sommes en tant qu’humains. Depuis 200 000 ans, Homo sapiens épargne, investit, réalise des gains de productivité pour améliorer sa condition matérielle. La croissance est inscrite dans sa nature. Prétendre que l’on résoudra nos problèmes écologiques en refaisant le chemin en arrière, du papier vers l’arbre, est un contresens anthropologique.

Une écologie moderne et réaliste doit enchâsser la protection de la planète dans un projet libéral et progressiste. L’innovation doit être mobilisée grâce à des politiques incitatives qui préservent fonctionnement du marché et libertés individuelles. Certaines entreprises ou certains consommateurs polluent des ressources comme l’air sans en payer le juste prix. Ces « externalités négatives » peuvent être corrigées par la fiscalité. C’est le principe du « pollueur-payeur » qui consiste à appliquer une fiscalité « environnementale » plus lourde à ceux qui utilisent le plus de ressources sans en acquitter le juste prix et plus faible aux autres.

Nicolas Bouzou, lefigaro.fr, 18 octobre 2016

Document 2 : Le réchauffement, c’est maintenant

Alors que les records de chaleur s’enchaînent, le seuil critique de 2 °C d’élévation des températures risque d’être atteint dès 2050, alerte un groupe de scientifiques. Quand bien même l’Accord de Paris serait respecté…

Le document s’intitule La Vérité sur le changement climatique. Rien que ça. Et c’est une vérité qui dérange. Que dit cette analyse publiée ce jeudi et signée par six scientifiques du monde entier, dont l’ancien président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), Robert Watson ? Que la température moyenne du globe pourrait atteindre dès 2050 la fameuse limite des +2 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle, perçue par les climatologues comme un seuil à ne surtout pas dépasser sous peine de ne plus pouvoir contrôler l’emballement du climat et ses funestes conséquences (élévation du niveau des océans, aggravation et fréquence accrue des sécheresses, cyclones et inondations, chute des rendements agricoles, migrations massives, épidémies…).

Objectif chimérique
Fixée en 2009 à Copenhague, cette limite a été inscrite dans l’Accord de Paris sur le climat adopté fin 2015 par 195 pays, lesquels se sont même engagés noir sur blanc à contenir le réchauffement « bien en-deçà de 2 °C », voire à 1,5 °C. L’idée étant donc, idéalement, de ne jamais dépasser ces 2 °C ou, au pire, de stabiliser la planète à ce niveau d’ici 2100. Or, tout indique qu’il s’agit là d’un objectif chimérique et que ces 2 °C risquent fort d’être atteints dès 2050. Et ce, « même si les promesses sont pleinement mises en œuvre [en référence aux contributions nationales des États – INDC –, c’est-à-dire aux mesures annoncées par 189 d’entre eux pour limiter ou réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ndlr] », souligne le rapport, publié par l’ONG Universal Ecological Fund. Basé sur différentes publications, le plus souvent onusiennes, ce dernier vise surtout à « fournir de l’information accessible sur le changement climatique », et à sonner une énième fois l’alarme. Le constat est sans appel. En 2015, les températures du globe avaient déjà pris +1 °C par rapport au niveau d’avant la révolution industrielle… contre +0,85 °C en 2012, soit une hausse ultrarapide. Et, « à cause de l’absence d’action pour stopper la hausse des émissions mondiales de GES pendant les vingt dernières années, un réchauffement additionnel de… »