C1 production écrite : Les robots

I. Épreuves
Synthèse : Faites une synthèse des documents proposés. 200 à 240 mots.
Essai Argumenté : Faut-il avoir peur des robots ? Vous exprimerez votre opinion personnelle dans un essai clair et bien structuré de 250 mots minimum.
NB : Les robots étaient le sujet de la production écrite sur mon examen. Il vaut mieux le réviser étant donné qu’il apparaît souvent.
II. Documents
Document 1 : Les robots seront-ils enfin à la hauteur de nos fantasmes ?
Cela fait cent ans qu’on les fantasme, qu’on les imagine dans nos têtes, qu’on les annonce. Cent ans qu’on en a peur aussi. Le concept et le mot robot dateraient de 1921. Le 21 janvier de cette année-là se joue pour la première fois la pièce « RUR » de Karel Čapek à Prague. Le titre est l’acronyme de « Rossum’s Universal Robots ». La pièce décrit une société où des esclaves se révoltent et détruisent leurs créateurs. C’est, selon Christopher Mims du Wall Street Journal, ce jour-là que sont nés les robots ou, pour être plus précis, l’idée de robot. Pour le meilleur et pour le pire.
En cent ans, soyons honnêtes, c’est plutôt la déception qui a prédominé sur l’étendue de leurs capacités. À l’image de la voiture autonome (qui n’est pas un robot), annoncée comme imminente depuis 30 ans, la révolution robotique s’est un peu fait attendre. Nous sommes pourtant peut-être au moment précis où l’imaginaire de science-fiction va devenir réalité.
Les robots ont d’abord été de simples transpositions d’actions mécaniques effectuées initialement par des humains, sans véritable cerveau ou logiciel. C’était la première étape, la plus « facile ». Ceux-là ont donc logiquement trouvé leur place dans les usines. C’est General Motors qui a en 1961 le premier « robot » sur l’une des chaînes de montage à Detroit. Il reproduisait une seule tâche autant de fois que désiré à la perfection.
Car la définition du robot, c’est ça : « un dispositif mécatronique (alliant mécanique, électronique et informatique) conçu pour accomplir automatiquement des tâches imitant ou reproduisant des actions humaines ». Visuellement, le robot est donc longtemps resté au stade du bras mécanique auquel un ouvrier donnait vie en arrivant le matin à l’usine. Ce stade a perduré, et nous avons petit à petit oublié cette image du robot humanoïde. Cette même image qui était la représentation d’une société déshumanisée pour certains et le futur qui nous tendait les bras pour d’autres. L’entreprise Boston Dynamics a ravivé ces souvenirs en construisant un robot parfaitement humain dans ses mouvements. Souvenez-vous de l’effroi et de la fascination qu’avaient suscités les premiers prototypes de l’entreprise, reproduisant le mouvement de course d’un humain ou le saut d’un chien. Mais donner une apparence humaine au robot n’a pas énormément d’utilité, scientifiquement parlant. Cela flatte l’imaginaire de romancier de science-fiction qui sommeille en chacun de nous, sans le rendre plus efficace. […]
Mais le tournant, c’est que l’on vend désormais de plus en plus de robots qui ne se contentent pas d’être cantonnés à un rôle précis dans une usine ou un hangar, on les appelle les « robots de service ». Ils font de la livraison, de la désinfection d’hôpitaux ou de la surveillance. En 2019, 173 000 robots de ce type se sont vendus dans le monde. Ces robots de service sont amenés à être parmi nous, à nous croiser, à coexister avec nous. Ils sont dotés de capteurs, des logiciels les plus avancés, ils sont connectés en permanence. Ils sont ceux qui nous ont effrayés ou fait rêver étant gamins. Nous ne les croisons pas encore sur nos trajets quotidiens parce que nous ne vivons pas à San Francisco, sur un campus universitaire américain de pointe ou à Singapour, mais la révolution robotique est enfin en cours. Ils ne feront peut-être vraiment partie de notre quotidien et pas juste pour aspirer à notre place.
Maxime Samain, L’Écho, 29/01/2021
Document 2 : Exposition « Robots »
Simples automates ou pseudo-humains ? Les robots n’ont pas cessé d’inspirer l’imaginaire culturel et d’alimenter l’univers de la science-fiction au fil des décennies. Avec sa nouvelle exposition permanente, Robots, la Cité des sciences et de l’industrie s’attaque aux idées reçues et aux fantasmes qui accompagnent ces machines. […] 20 Minutes a rencontré Pierre Duconseille, le commissaire de cette grande exposition.
Pourquoi une exposition permanente sur les robots ?
La robotique est un sujet de fond. Les robots sont quasiment les mêmes depuis cinquante ans. Ils font simplement plus de choses maintenant. Ils commencent à venir dans nos espaces privés et dans l’espace public. On a rajouté une brique d’intelligence artificielle dans les machines, mais à la base, elles sont toutes les mêmes. Il faut des capteurs, des actionneurs et un programme. C’est ça, un robot. […]
Qu’en est-il des robots de Boston Dynamics, par exemple ?
[…] Derrière la robotique, il y a beaucoup d’enjeux économiques et il y a beaucoup d’effets d’annonce par rapport aux prouesses des machines. Il est probable que cela fonctionne, mais cela ne fonctionne pas tout le temps. Nous travaillons depuis deux ans sur les robots et on voit le nombre de gens dont on a besoin pour les faire fonctionner. C’est énorme. Et pour les faire fonctionner en autonomie, c’est encore plus compliqué. Il y a toujours des ingénieurs à proximité, bien cachés, qui pilotent la machine ou veillent au grain pour l’arrêter si elle tombe. Ici, on n’idéalise pas la robotique. On relativise ses prouesses, on reste le plus factuel possible. […]
Pourrait-on voir se généraliser des robots avec lesquels l’humain tisserait un lien affectif, comme au Japon ?
C’est un peu spécifique à la culture japonaise, mais ils en reviennent. En 2015, ils ont lancé un hôtel entièrement tenu par des robots et ils sont en train d’enlever tous les robots à cause des bugs. Ils font peur et ils font n’importe quoi. En matière de robotique de service, on est loin du compte. Il ne faut pas fantasmer, ils ne vont pas nous remplacer demain. Sur les chaînes industrielles, effectivement, ils peuvent nous remplacer parce qu’ils effectuent des tâches répétitives avec une très grande rapidité et sans effort.
Pourquoi les robots font-ils peur ?
Parce qu’on ne les connaît pas, on se raconte des histoires. Parce qu’il y a eu le Golem et Terminator… Parce que le robot, c’est un acteur sur lequel on charge nos propres fantasmes de disparition. L’obsolescence de l’homme, de Günther Anders, en parle bien. Les objets que l’homme invente le fascinent et lui font peur. Une belle voiture, c’est fascinant mais en même temps, on sait qu’elle meurt un jour. Il y a beaucoup d’irrationnel dans la relation de l’homme aux machines. Il a peur qu’elles le fassent disparaître parce qu’elles peuvent continuer à fonctionner, tandis que lui, non. […]
Laure Beaudonnet, 20 Minutes, 02/04/2019