C1 production écrite : L’entraide familiale

I. Épreuves

Épreuve n°1 : Synthèse de documents

Vous ferez une synthèse des documents proposés, en 220 mots environ (+/- 20 mots). Pour cela, vous dégagerez les idées et les informations essentielles qu’ils contiennent, vous les regrouperez et les classerez en fonction du thème commun à tous ces documents, et vous les présenterez avec vos propres mots, sous forme d’un nouveau texte suivi et cohérent.

Attention :

  • vous devez rédiger un texte unique en suivant un ordre qui vous est propre, et non mettre deux résumés bout à bout ;
  • vous ne devez pas introduire d’autres idées ou informations que celles qui se trouvent dans les documents, ni faire de commentaires personnels ;
  • vous pouvez bien entendu réutiliser les mots-clés des documents, mais non des phrases ou des passages entiers ;
  • le respect de la consigne de longueur fait partie intégrante de l’exercice.

Dans le cas de non respect, on appliquera une correction négative : 1 point de moins par tranche de 20 mots en plus ou en moins.

Règle de décompte des mots : est considéré comme mot tout ensemble de signes placés entre deux espaces. «c’est-à-dire » = 1 mot; «un bon sujet

Épreuve n°2 : Essai argumenté

Vous écrivez un article dans un magazine destiné aux familles pour donner votre avis sur l’entraide familiale. Vous souhaitez attirer l’attention des lecteurs sur les limites de celle-ci et sur les risques qu’elle peut engendrer, et vous préconisez des solutions de la part des pouvoirs publics ou d’autres organismes.


II. Exemple de production écrite

Synthèse

Les Français sont déterminés à s’entraider

L’entraide familiale demeure une valeur fondamentale ancrée aux cœurs et dans l’esprit des Français. Ce comportement incarne un désir intrinsèque de s’entraider et un sens du devoir de soutenir les aînés et les jeunes. Cette conviction manifeste tant matériellement que moralement. C’est ce que nous expliquent des journalistes dans leurs articles publiés en 2015 et 2016 dans Le Figaro et Le Monde et c’est ce que nous pouvons discerner d’un reportage d’AFP publié dans L’Express en 2016.

Premièrement, les Français s’avèrent assez munificents dans leur soutien financier à leurs proches. D’ailleurs, une enquête a révélé que plus de trois quarts des Français avaient apporté de l’aide aux membres de leurs familles dans un contexte économique. En termes concrètes, chez les jeunes adultes vivant loin de leur maison familiale pendant leurs études reçoivent environ 500 euros par mois en moyenne de la part de leurs parents. Cette assistance n’arrête pas aux allocations scolaires. Beaucoup de jeunes adultes, faisant face à une période des prix records, ont bénéficié des donations pour les aider à acheter un bien immobilier alors que d’autres ont profité des prêts et des loyers réduits grâce à leurs familles attentionnées.

Deuxièmement, au-delà de l’aide financière, les Français ont démontré un enthousiasme à s’entraider moralement et physiquement. À partir de 2017, nos compatriotes à travers l’Hexagone peuvent prendre un congé considérable pour s’occuper de ne pas seulement leurs membres de famille, mais aussi de personnes avec qui ils n’ont pas de lien de parenté. Cela ne représente qu’un cas où les Français cherchent à prendre soin de leurs proches et des personnes âgées et handicapées. Une enquête a révélé que biens des Français préfèrent éviter des sujets délicats tels que le décès et la perte d’autonomie afin de ne pas déranger le bien-être de leurs parents et proches plus âgés.

(mots = 307; NB cette synthèse est trop longue)


Essai Argumenté

Chers lecteurs et lectrices,

Je suis ravi de vous retrouver dans « Le ‘Jean’ Coin », ma rubrique hebdomadaire consacrée aux retraités et aux familles où moi, Jean « Le Bon Coin » Peurion, aborde les risques les plus menaçants qui se cachent dans l’ombre de nos vies quotidiennes. Cette semaine, je traite l’entraide familiale. Quelle est le rôle de la famille dans votre vie ? Si vous êtes comme la grande majorité des Français (87% pour être exact), l’entraide familiale n’est pas seulement sacrée, mais aussi un devoir moral. Cependant, il faut se rendre compte que cette apparemment aide bienveillante peut plutôt créer des risques et mêmes des dangers mortels, a fortiori pour des personnes âgées dans notre société.

Tout d’abord, l’entraide familiale pose des risques de qualité de soins. La plupart des personnes à l’âge avancé dépendent de les membres de famille pour obtenir l’aide, et, au fur et à mesure que nous vieillissons et perdons notre autonomie, il devient de plus en plus probable que notre famille nous apporte des soins à domicile. Toutefois, nos experts prétendent que confier notre santé à notre famille peut être imprudent, voire périlleux. Étant donné que nos membres de famille manquent d’expérience professionnelle dans le domaine des soins médicaux, ils sont mal préparés à nous fournir des soins. Dans de nombreux cas, ce mauvais traitement peut entraîner l’exacerbation de la maladie, l’introduction de nouvelles maladies et afflictions, et dans biens des cas, la mort.

De surcroît, n’oublions pas les dangers plus pernicieux et plus insidieux qui se trouvent au sein des cœurs et des âmes de nos plus proches : le vol. Une enquête publiée par les chercheurs français a révélé que deux sur cinq personnes âgées sont victimes de fraude et de vol familiaux en recevant des soins d’un proche. D’ailleurs, je dois confesser dans ces pages sacrées que moi, Jean Peurion, j’ai été victime de la tricherie de mon neveu ! Grâce à une combinaison de flagornerie et de machinations machiavéliennes, il a failli m’escroquer de mes biens (malin qu‘il soit, je le suis davantage !). Hélas, j’ai survécu pour raconter mon histoire et pour vous protéger contre la tricherie et la tromperie qui peuvent imprégner vos familles également.

Dans cette optique, j’implore le gouvernement français d’agir pour que les personnes âgées, comme moi, puissent dormir tranquilles pendant leurs vieux jours. Par exemple, l’Élysée doit travailler en tandem avec le législatif pour assurer que les soins à domicile professionnels sont plus fiables, moins chers, et plus accessibles pour tous. 

En attendant que le gouvernement agisse, ne cessez d’être vigilants et de faire attention, et rappelez-vous que vous ne pouvez avoir confiance en personne !

À très bientôt,

Jean « Le Bon Coin » Peurion

 (Nombre de mots comptant le titre  = 462)


III. Documents

Document 1 : Pour les Français, l’entraide familiale est sacrée

Pour 90 % des Français, c’est une évidence, et pour 87 % un devoir moral : l’entraide familiale est une valeur sacrée en France. Mais pour une très grande majorité (76 %) de nos compatriotes, c’est aussi un plaisir, selon l’enquête menée par la Carac, mutuelle d’épargne, en partenariat avec l’institut TNS Sofres.

Les seniors sont les plus généreux, les plus inquiets aussi pour leurs enfants : 60 % des 65/70 ans estiment qu’il n’y a pas de limite pour les aider. Gâtés par l’histoire, « ils se sentent aujourd’hui redevables face à une jeunesse qui évolue dans un contexte économique moins favorable », relève l’étude. Beaucoup de parents désirent d’ailleurs aussi continuer à soutenir leurs enfants même à l’âge adulte.

Si la quasi-totalité des Français parlent d’argent au sein du cercle familial (50 % de temps en temps et 23 % souvent), certains sujets restent néanmoins tabous dans de nombreuses familles. Peur d’inquiéter les enfants, envie de parler de choses plus joyeuses ; pour 48 % des sondés, le sujet le moins abordé « tourne autour du risque que l’un des membres de la famille soit victime d’un accident ». Parallèlement, parmi ceux qui ont des parents ou des grands-parents à l’âge avancé, 48 % ne parlent pas de décès et 45 % n’abordent pas la perte d’autonomie, relate l’étude.

Les parents qui épargnent pour l’avenir de leurs enfants, eux, sont partagés sur l’intérêt d’en discuter en famille. Si la majorité (58 %) en parlent, parce que la transparence facilite les discussions sur l’entraide financière au sein de la famille, 42 % préfèrent garder leur silence de peur que l’argent soit utilisé à mauvais escient (20 %), ou pour donner aux enfants le sentiment qu’ils doivent se débrouiller seuls (16 %). Certains ont décidé que l’information ne serait donnée qu’en cas de besoin (18 %).

© Anne Bodescot, lefigaro.fr, 24 juin 2015.

 

Document 2 : Face à la crise, l’entraide familiale

Aider son enfant à s’installer, soutenir son parent âgé, donner un coup de pouce à un frère ou une sœur… En ces temps de crise, l’entraide familiale demeure un véritable rempart social. « Dans ce contexte morose, la famille est plus que jamais considérée comme un refuge, un pilier sur lequel se reposer en cas de difficultés. Elle joue le rôle d’amortisseur de crise économique », explique Nicole Lapierre, socio-anthropologue, directrice de recherche au CNRS.

Cette solidarité familiale peut prendre la forme d’un soutien moral ou matériel. « Avec l’évolution du modèle familial, cette aide peut être autre que financière, par exemple, lorsque les parents s’occupent de leurs petits-enfants », ajoute Nicole Lapierre. Bien sûr, il peut aussi s’agir d’un transfert financier. Selon une enquête réalisée par TNS Sofres pour la Carac, mutuelle spécialisée en épargne, en avril 2016, plus de trois quarts des Français auraient déjà aidé financièrement un membre de leur famille. […] Concrètement, le prêt d’argent ou le paiement d’un loyer sont des formes d’aides financières courantes. Selon l’Insee, sept jeunes adultes sur dix bénéficient d’un soutien financier régulier. Lorsqu’ils ne vivent plus exclusivement au domicile familial, les étudiants perçoivent plus de 500 euros d’aide parentale par mois. La participation financière des parents varie selon le milieu social : lorsqu’ils sont aidés, les enfants de cadres reçoivent alors un montant total 2,5 fois plus élevé que les enfants d’ouvriers.

Face au taux de chômage élevé (23,7 % chez les moins de 25 ans au 2e trimestre 2016) et à l’allongement de la durée des études, l’entraide est même considérée comme un devoir parental. […] « Assumer d’avoir des enfants impliquera de les accompagner vers la vie d’adulte. Ce soutien paraît d’autant plus nécessaire dans un contexte économique et social dégradé. » […]

Cette solidarité est même indispensable pour les enfants qui envisagent de devenir propriétaires. Face à la forte hausse des prix immobiliers observée dans les années 2000, l’accession à la propriété est devenue inenvisageable pour beaucoup. Heureusement, les donations, favorisées fiscalement, constituent un coup de pouce pour ceux qui ont la chance d’en bénéficier. L’apport des parents permet en effet d’accroître la probabilité d’achat, de 2,3 fois supérieure à celle d’un ménage qui n’en a pas reçu. Cela desserre la contrainte de financement et permet de moins s’endetter », relève une étude de l’Insee publiée en 2014. […]

Pauline Janicot, Le Monde, 10 octobre 2016.

Document 3 : Le congé du proche aidant en vigueur au 1er janvier 2017

Ce congé entrera en vigueur le 1er janvier 2017. Sans solde, d’une durée de trois mois, renouvelable une fois, les salariés pourront prétendre à une meilleure « articulation entre la vie professionnelle et la vie personnelle et familiale », selon les termes du décret d’application.

Le « congé proche aidant » remplace le « congé de soutien familial » mais ses conditions d’accès sont plus souples. Les aidants sans lien de parenté avec la personne qu’ils aident et les aidants de personnes accueillies en établissement pourront en bénéficier.

En outre, il pourra « être transformé en période d’activité à temps partiel », selon le décret, qui assouplit ses modalités d’utilisation en permettant son fractionnement. En cas de fractionnement du congé, la durée minimale de chaque période de congé est d’une journée.

Dans cette hypothèse, le salarié […] doit avertir son employeur au moins 48 h avant la date à laquelle il entend prendre chaque période de congé.

Source : Le DALF C1-C2 100% réussite – Didier