C1 production écrite : L’économie collaborative

I. Épreuves

Épreuve n°1 : Synthèse de documents

Vous ferez une synthèse des documents proposés, en 220 mots environ (+/- 20 mots). Pour cela, vous dégagerez les idées et les informations essentielles qu’ils contiennent, vous les regrouperez et les classerez en fonction du thème commun à tous ces documents, et vous les présenterez avec vos propres mots, sous forme d’un nouveau texte suivi et cohérent.

Attention :

  • vous devez rédiger un texte unique en suivant un ordre qui vous est propre, et non mettre deux résumés bout à bout ;
  • vous ne devez pas introduire d’autres idées ou informations que celles qui se trouvent dans les documents, ni faire de commentaires personnels ;
  • vous pouvez bien entendu réutiliser les mots-clés des documents, mais non des phrases ou des passages entiers ;
  • le respect de la consigne de longueur fait partie intégrante de l’exercice.

Dans le cas de non respect, on appliquera une correction négative : 1 point de moins par tranche de 20 mots en plus ou en moins.

Règle de décompte des mots : est considéré comme mot tout ensemble de signes placés entre deux espaces. «c’est-à-dire » = 1 mot; «un bon sujet

Épreuve n°2 : Essai argumenté

En quoi l’économie collaborative a-t-elle révolutionné le comportement des citoyens et des consommateurs ? Vous écrirez un texte construit et cohérent sur ce sujet (environ 250 mots).


II. Exemple de production écrite

Synthèse

L’économie collaborative : entre espoir et déception

Ces derniers temps, l’économie collaborative prend de plus en plus d’importance dans notre société alors qu’elle bouleverse de nombreux secteurs traditionnels depuis la finance et le transport des personnes jusqu’à l’hébergement et à la logistique. Une économie de cette taille n’est pas arrivée par hasard : une étude réalisée par PWC a démontré que la France dispose d’un des meilleurs environnements réglementaires pour les startups. Le cabinet comptable estime que l’investissement dans les startups européennes pourrait atteindre 570 milliards d’euros d’ici 2025.

=Cette partie émergente de l’économie, aussi connu sous le nom de « l’économie du partage », facilite les transactions entre les individus plutôt qu’entre les multinationales et les particuliers, encourageant, ainsi en théorie, des interactions basées sur la générosité plutôt que sur la recherche du profit. Qui plus est, les clients de ces startups paient généralement moins (les prix sont en moyenne réduits de 20% à 50%) tout en bénéficiant d’un standard de service et d’une qualité de produit supérieurs grâce à l’élimination des intermédiaires.

Certes, des critiques avancent que de telles affirmations sont panglossiennes. En pratique, l’économie collaborative ne ressemble guère à une utopie de la générosité et de la gentillesse. Cela n’est qu’un incubateur pour une nouvelle génération de riches bâtissant des empires qui ne sont ni moins capitalistiques ni moins parasitaires que ceux qui les ont précédés. Le débat fait rage quant à savoir si cette nouvelle économie est aussi bénéfique que l’on le prétend.

(mots = 241)


Essai Argumenté

La nouvelle économie transforme le comportement de consommateur

Au cours de cette dernière décennie, l’économie collaborative a connu une croissance spectaculaire. En effet, des experts estiment qu’elle pourrait atteindre une valeur de 300 à 400 milliards de dollars d’ici 2025 tout en représentant une partie de plus en plus importante de l’économie. Cette montée de l’économie collaborative a également provoqué de nombreux changements dans le comportement des consommateurs, notamment dans les secteurs du transport et du voyage.

Primo, les entreprises de transports, telles qu’Uber et Lyft, et les entreprise de covoiturage comme blablacar, ont rendu le transport interurbain plus facile et plus accessible que jamais. Elles ont permis à de nombreux individus d’abandonner leur voiture, particulièrement dans les villes où le transport en commun est limité. Ces particuliers peuvent désormais profiter d’Uber pour les trajets à courte distance aux alentours de leur ville ou de blablacar pour les trajets interurbains. Par exemple, de nombreux travailleurs frontaliers en Haute-Savoie utilisent ces services pour faire la navette entre leur domicile en France et leur lieu de travail en Suisse. Par rapport aux transports en commun, un trajet d’Annecy à Genève avec blablacar prend la moitié moins de temps et coûte un quart du prix ! En outre, le covoiturage grâce à l’économie collaborative est plus écologique que de se rendre au travail tout seul.

Secundo, les sociétés de location sans station, telles que Lime et Bolt, facilitent la mobilité intra-urbaine. Au lieu d’utiliser le bus pour se rendre chez le médecin ou le métro pour voir des amis, de plus en plus de personnes optent pour des trottinettes ou des vélos en libre-service proposés par ces entreprises. En plus d’e3tre moins coûteux et plus rapides, ces moyens de transport sont aussi plus écologique que le bus, le métro, ou une voiture particulière.

Tertio, les plateformes communautaires de voyage, comme Airbnb et VRBO, ont révolutionné la façon dont nous visitons le monde. Naguère, la plupart des consommateurs se limitaient à des destinations de aux populaires telles que les grandes villes touristiques comme les grandes villes. Lorsqu’ils s’aventuraient hors des sentiers battus, ils le faisaient dans le cadre de voyages organisés. À notre époque, lesdites plateformes ont rendu une grande partie du monde bien plus accessible. Airbnb, par exemple, offre des millions de logements à travers le monde, y compris dans certains des endroits les plus isolés. Finalement, en logeant chez un particulier, les voyageurs ont plus d’opportunités d’interagir de manière authentique avec la population et la cultures locales.

En résumé, la montée de l’économie collaborative ces dernières années a transformé la manière dont nous nous déplaçons au sein de et entre nos villes ainsi que la façon dont et où nous voyageons. Ce qui reste à voir, c’est comment les entreprises traditionnelles, telles que les fabricants de voitures et les chaînes d’hôtels, réagiront à ces changements de comportement des consommateurs…

(Nombre de mots comptant le titre = 469)


III. Documents

Document 1 : Partager ou périr !

L’économie collaborative, c’est tout simplement la troisième révolution digitale. Après les deux premières vagues d’internet, celle du « search » et celle des grandes plateformes transactionnelles (Amazon, Booking…), cette nouvelle mutation de l’économie a bouleversé en moins de 5 ans des secteurs entiers.

Et tout porte à croire que nous n’avons encore rien vu. L’économie collaborative devrait multiplier sa valeur par 12 pour représenter 300 à 400 milliards de dollars d’ici neuf ans. Les plateformes les plus connues (BlaBlaCar ou Uber) ne doivent pas nous faire ignorer l’immense champ d’application de ces modèles qui vont également pénétrer la plupart des autres secteurs, de la finance à la logistique, en passant par les services professionnels jusqu’à l’éducation.

L’économie collaborative crée tous les jours de nouveaux standards de service et d’expérience client. Si ces plateformes offrent des prix incomparables, en moyenne de 20–50 % moins chers que les offres historiques, on sous-estime souvent la principale raison de leur succès : leur fort pouvoir émotionnel bouleverse les codes établis, avec des niveaux de satisfaction dépassant de plus d’un tiers la plupart des produits et services classiques.

La rupture est rapide. Chacun étant à la fois consommateur et producteur, l’adoption de ces offres va très vite : 22 % des Français interrogés (36 % sur les 18–24 ans) utilisent déjà un de ces services et 80 % pensent que ces nouveaux services vont leur faciliter la vie (Source : EcoScope juin 2015, le baromètre mensuel réalisé par OpinionWay pour Axys Consultants).

Du côté des entreprises, elles découvrent aussi qu’elles possèdent des actifs dormants. Les communautés en ligne telles que MICE et SharedOffices.com mettent en relation des entreprises de Dubaï à Moscou pour partager des bureaux et des salles de réunion inoccupés. Flexe.com permet aux sociétés de partager leur entrepôt ou espace de stockage non utilisé, et ce dans plus de 200 villes aux États-Unis et au Canada grâce à sa plateforme en ligne. Les hôpitaux se prêtent les uns aux autres les équipements médicaux. Des industriels expérimentent le potentiel de partager leurs lignes d’assemblage et leurs flottes de camions.

La conséquence est un choc d’offre souvent brutal. Car à la différence des vagues précédentes, cette nouvelle forme d’économie ne rajoute pas un intermédiaire malin qui capte une partie de la valeur d’un marché, mais crée de toutes pièces un des plus importants concurrents du secteur. En quelques années, ces acteurs peuvent prendre plus de 10 % de part d’un marché (BlaBlaCar, AirBnB, Ouicar, Lending Club).

[…] L’économie du partage n’est pas qu’une tendance, mais bien une nouvelle façon de « faire du business ». Pour ceux qui ne prendront pas le train en marche, d’autres prendront leur place : partager ou périr !

Bruno Despujol, Associé du cabinet Oliver Wyman, Les Échos, 18 novembre 2016.

 

Document 2 : Économie collaborative : la France championne d’Europe des créations de start-up

Cocorico ! La France, avec le Royaume-Uni, a été déclarée championne d’Europe des pays créateurs de start-up dans le domaine de l’économie collaborative, annonce ce lundi PwC dans une étude. La France serait devenue un véritable vivier dans le domaine grâce à un environnement réglementaire favorable, donnant l’exemple du statut d’auto-entrepreneur, qui ferait la différence en Europe.

Si l’on revient au continent dans sa globalité, le montant des transactions réalisées dans le secteur pourrait être multiplié par 20 d’ici 2025 et atteindre 570 milliards d’euros. Cette estimation, calculée à la demande de la Commission européenne, concerne les cinq principaux segments de l’économie collaborative, à savoir la finance (plateformes de prêts par exemple), l’hébergement, le transport, les services à la personne et les services aux entreprises.

Le cabinet souligne qu’une large partie de cette somme (85 %) sera captée par les personnes fournissant leurs services et que le chiffre d’affaires des plateformes collaboratives atteindra ainsi 83 milliards d’euros d’ici dix ans, contre 4 milliards actuellement. Si le transport devrait rester le principal segment de l’économie collaborative d’ici 2025, l’hébergement devrait passer de la deuxième à la troisième place, dépassé par les services à la personne.

lexpress.fr avec AFP, publié sur lexpansion.com, 5 septembre 2016.

Document 3 : Économie du partage, ton univers impitoyable

En recherche d’une chambre, d’un appartement où dormir lors de votre prochain déplacement ? D’un véhicule de transport avec chauffeur (VTC) ? Certains rendez-vous sur les sites d’Airbnb, d’Uber ou de toute autre entreprise proposant des services. Ces dernières constituent ce qu’on appelle l’économie du « partage » qui, au départ, prétend développer « les échanges entre pairs plutôt qu’entre organisations hiérarchiques ».

S’agit-il véritablement d’une relation « où l’argent n’entre pas en jeu », d’un monde motivé par « la générosité, le désir de donner ou d’aider » ? Ces firmes qui brandissent l’ouverture comme un étendard quittent-elles le « domaine de la propriété privée » ? Non, tranche Tom Slee. Dans cet environnement aux valeurs prétendues « progressistes », l’argent coule à flots, mais ne profite qu’à une minorité : les entrepreneurs, nouvelle caste d’intouchables. Intouchables, selon l’essayiste, car sans foi.

En leurs serviteurs d’abord. Les collaborateurs de ces grosses machines doivent être disponibles en permanence, augmenter sans cesse leur cadence de travail, proposer toujours plus de services aux clients. Et avec le sourire. On leur promet des rémunérations alléchantes qui n’atteignent jamais les niveaux évoqués initialement. […]

Que dire enfin du peu de cas que ces empires capitalistiques font de la loi, des réglementations en vigueur dans chacun des pays où ils s’établissent, finissant ainsi par tisser une gigantesque toile sur le globe ? Tom Slee est catégorique : « Pour Airbnb, ces règles n’ont aucun intérêt. Au lieu de cela, et malgré tout son beau discours sur la communauté, la société ne semble comprendre qu’une seule logique, celle du libre marché. »

William Irigoyen, lexpress.fr, 24 octobre 2016, à propos du livre de Tom Slee (écrivain canado-britannique), Ce qui est à toi est à moi.

Source : Le DALF C1-C2 100% réussite – Didier