C1 production écrite : Le tourisme et l’environnement

I. Épreuves

Synthèse : Faites une synthèse des documents proposés. 200 à 240 mots.

Essai Argumenté : Vous écrivez pour un magazine de tourisme durable un article dans lequel vous critiquez la tendance actuelle des micro-aventures. Vous montrez en particulier que cette forme de tourisme n’est pas aussi écologique qu’elle le prétend. 250 mots minimum.


II. Documents

Document 1 : Laissez-vous tenter par la micro-aventure

Avez-vous déjà souffert de flygskam ? Ce terme suédois, qui signifie « honte de prendre l’avion », décrit un mouvement en plein développement : au nom de la protection de l’environnement et de la lutte contre le bouleversement climatique, de plus en plus de touristes choisissent de ne plus le prendre. Avec la pandémie et la fermeture de certaines frontières, ce phénomène s’accompagne d’une nouvelle tendance : la micro-aventure. Au lieu de passer un mois sur les plages thaïlandaises ou de fêter Noël en famille au Mexique, la micro-aventure consiste à partir le temps d’un week-end ou de quelques jours à peine, dans son pays, voire à deux pas de chez soi, pour vivre une expérience très dépaysante physiquement et mentalement !

Parfois, cela peut même impliquer un vrai dépassement de soi. Il ne s’agit plus de partir loin mais de se rapprocher de soi-même. L’idée n’est pas nouvelle. En France, ceux qui ont déjà cheminé plusieurs jours en autonomie sur les sentiers de grande randonnée, comme le GR 20 en Corse ou le GR 65 vers Saint-Jacques-de-Compostelle, vous assureront qu’il s’agit d’une véritable aventure physique et spirituelle. Mais, depuis quelque temps, on voit fleurir des agences de voyages spécialisées, des blogs et des guides dédiés à la micro-aventure. Si l’objectif est de se détourner du tourisme de masse et de vivre une expérience inédite à deux pas de chez soi, l’organiser soi-même, c’est encore mieux. Créativité et proximité, tels sont les meilleurs ingrédients de la micro-aventure.

Récits sur des blogs dédiés, partages d’itinéraires sur des applis telles que Strava… La micro-aventure, c’est la randonnée de papa version 2.0 ! Un concept qui séduit avant tout les jeunes citadins qui rêvent d’échappées belles en dévorant les récits de Sylvain Tesson ou Mélusine Mallender, et en écoutant les épisodes du podcast Les Baladeurs. Certains s’inquiètent déjà des dérives de cette nouvelle tendance. « Qui dit tendance, dit forcément effet de mode, et qui dit mode, dit marchand, cela dénature l’authenticité, disparaît », déclare ainsi Amélie Deloffre, fondatrice du site 2 jours pour vivre, qui conseille de répartir les aventures sur tout le territoire et sur toute l’année, de favoriser les petits acteurs locaux, d’aimer la simplicité, de respecter Dame Nature, de se lier avec des inconnus, de privilégier les transports non polluants et de réapprendre à s’enthousiasmer. […]

Émilie Gillet, Ça m’intéresse, 06/03/2021

 

Document 2 : La micro-aventure : coup de marketing ou vraie tendance ?

[…] Le concept de micro-aventure est inspiré par les préoccupations écologistes et par les enjeux climatiques qui se reflètent dans les tendances touristiques. On tend en effet à vouloir réduire notre empreinte carbone. La micro-aventure répond aussi au besoin de déconnexion de la technologie, d’un retour à la simplicité et à la nature. Ce concept s’adresse donc particulièrement aux citadins des grandes villes qui souhaitent casser la routine de leurs vies quotidiennes. […]

La micro-aventure comporte moins de risques. Elle nécessite moins de préparation mentale, physique et financière que l’aventure classique. Sa durée est plus courte et elle se pratique proche du domicile, contrairement à l’aventure de type Jules Verne. La micro-aventure n’en reste pas moins excitante ! Elle procure tout aussi bien des sensations de découverte, de courage, de fierté. Don nul besoin de frauder les trains comme Jack London ou de se rendre au pôle nord comme Mike Horn !

La micro-aventure a en commun avec le tourisme de proximité la proximité spatiale et temporelle, la notion de local ainsi que la proximité affective. Elle possède aussi les mêmes opportunités de développement durable que le tourisme de proximité. Cependant, elle en a plus les caractéristiques de la nature et des sensations de l’aventure. […]

La micro-aventure est une véritable tendance dans les pays occidentaux. Plusieurs groupes Facebook dans ces pays ont pour sujet principal la micro-aventure, plus particulièrement aux États-Unis et en Europe.

Certaines start-ups se sont lancées dans la micro-aventure comme la start-up française Chilowé créée en 2017. Ferdinand Martinet et Thibaut Labey ont bien l’intention de montrer aux citadins que l’aventure peut se trouver à deux pas de chez eux. Et aussi qu’elle est accessible à tous. Leur premier média est une newsletter à la communication décalée (outil de différenciation de la start-up). Face au succès de leurs newsletter, ils décident alors de créer des événements mensuels avec des petits groupes d’aventuriers. Ils publient désormais des guides de micro-aventures autour de grandes villes. […]

Sur le même principe que Chilowé, 2 jours pour vivre est une newsletter. Elle propose des idées et des itinéraires pour des micro-aventures. La durée est définie à un weekend. Son petit plus ? Elle donne tous les détails de ces micro-aventures (photos, cartes et conseils). Mais ce n’est pas tout, 2 jours pour vivre est aussi un incubateur de weekends et de micro-aventures sous forme d’une page Facebook et d’événements. Tout le monde est invité à y participer ! Le but : inciter les gens à devenir créateurs d’aventure plutôt que d’en être consommateur. […]

La micro-aventure, c’est aussi un outil marketing… Face à la tendance des micro-aventures et à la montée du tourisme d’expérience, certaines compagnies aériennes et structures territoriales n’ont pas tardé à développer des offres de micro-aventures. C’est le cas de la compagnie aérienne low-cost Easyjet. Easyjet a collaboré avec Alastair Humphrey afin de proposer des idées de micro-aventures dans les villes européennes. La compagnie utilise le concept de micro-aventure en outil marketing. Elle présente ainsi les destinations qu’elle dessert d’une manière alternative aux traditionnels city-breaks. Dans les idées de micro-aventures qu’elle propose, EasyJet reste fidèle au concept même de la micro-aventure. Ce n’est cependant pas toujours le cas comme on peut le constater chez MySwitzerland. La compagnie utilise le concept de micro-aventure afin de promouvoir la destination. « 40 kilomètres, 25 ascensions, 10 étapes, un circuit exigeant, un dénivelé de 3840 mètres à surmonter » … Tout cela demande de l’expérience, une bonne condition physique et du temps, soit le contraire du principe de la micro-aventure. […]

Maritza Collin, MONA, février 2019