C1 production écrite : Le sommeil

I. Épreuves

Épreuve n°1 : Synthèse de documents

Vous ferez une synthèse des documents proposés, en 220 mots environ (+/- 20 mots). Pour cela, vous dégagerez les idées et les informations essentielles qu’ils contiennent, vous les regrouperez et les classerez en fonction du thème commun à tous ces documents, et vous les présenterez avec vos propres mots, sous forme d’un nouveau texte suivi et cohérent.

Attention :

  • vous devez rédiger un texte unique en suivant un ordre qui vous est propre, et non mettre deux résumés bout à bout ;
  • vous ne devez pas introduire d’autres idées ou informations que celles qui se trouvent dans les documents, ni faire de commentaires personnels ;
  • vous pouvez bien entendu réutiliser les mots-clés des documents, mais non des phrases ou des passages entiers ;
  • le respect de la consigne de longueur fait partie intégrante de l’exercice.

Dans le cas de non respect, on appliquera une correction négative : 1 point de moins par tranche de 20 mots en plus ou en moins.

Règle de décompte des mots : est considéré comme mot tout ensemble de signes placés entre deux espaces. «c’est-à-dire » = 1 mot; «un bon sujet

Épreuve n°2 : Essai argumenté

Vous participez au forum d’un site consacré aux troubles du sommeil. Un Français sur deux n’est pas satisfait de son sommeil. En cause, notamment, le bruit et la lumière en milieu urbain. En vous appuyant sur votre propre expérience, vous expliquez ce qui peut perturber le sommeil dans notre société actuelle et proposez des pistes pour favoriser un bon environnement de sommeil.


II. Exemple de production écrite

Synthèse

Le Sommeil : La Pierre Angulaire de la Bonne Santé Menacée

Plus que jamais les Français souffrent d’une déficience de sommeil, particulièrement parmi les écoliers, collégiens, et lycéens. Bien que les exigences de la jeunesse et de l’adolescence modernes empiètent sur leur quantité de sommeil depuis de nombreuses décennies, l’essor des nouvelles technologies présente une nouvelle menace contre le sommeil. De nos jours, de plus en plus de jeunes français se retrouvent collés aux écrans (dont les tablettes, les smartphones, et les ordinateurs) en soirée, et souvent pendant les horaires et les minutes juste avant de s’endormir. Pendant ce temps, d’innombrables études ces dernières années ont confirmé que ce temps d’écran en nocturne diminue la qualité et la quantité de notre sommeil.

De telles atteintes à notre sommeil sont tout sauf bénins. En réalité, cette insuffisance de sommeil chez les enfants peut entrainer une kyrielle de conséquences cognitives et scolaires telles que l’incapacité à se concentrer et la difficulté à apprendre. Ces répercussions pourtant dépassent le cadre scolaire. De nombreux chercheurs ont trouvé que cette insuffisance peut affecter les élèves d’une manière psychique et physique en augmentant leurs risques d’anxiété, de dépression, d’obésité, de diabète, et bien d’autres maux encore.

Face à ces importants périls, les auteurs présentent une poignée de solutions prometteuses pour contrer cette épidémie de privation de sommeil. Par exemple, les écoles pourraient instaurer une sieste, décaler le début de la journée scolaire, ou encourager les étudiants à tenir un carnet de sommeil.

(mots = 242)


Essai Argumenté

Bruit Tard dans la Nuit : Un Fléau Qui Doit Être Éliminé

Mes chers internautes,

Les troubles répandus en matière de repos décrits sur ce forum démontrent que ce problème est une douleur, voire un véritable fléau qui frappe les citadins partout. Beaucoup d’entre vous ont souligné en particulier l’impact néfaste du bruit et de la lumière dans vos villes sur votre capacité à vous endormir et à rester endormi. Tel une bougie enflammée perçant l’obscurité de la longue nuit, je rédige ce message pour éclairer cette épidémie et proclamer que vous n’êtes pas seul !

Moi aussi, je souffre sans cesse de difficultés de sommeil à cause du bruit et de la lumière. Dans ma ville de Paris, depuis que nous nous sommes établis dans notre nouvelle résidence voici cinq ans, ma femme âgée (elle est d’une vingtaine mon aînée) et moi, nous nous trouvons réveillés par le bruit des voitures, des ivrognes, des manifestants, et des fêtes. En fait, cela fait deux ans qu’une bande de voyous s’est installée à l’extérieur du portail de notre palais pour manifester pour une raison ou une autre… Presque chaque nuit ces hooligans bruyants nous privent de sommeil tout en faisant dieu sait quoi jusqu’à une heure indue. Ce tumulte rend le sommeil impossible et nous laisse épuisés pour nos réunions importantes, souvent avec des dignitaires étrangers et des hommes d’affaires.

Selon vos commentaires, j’estime que vous avez été victimes de dérangements similaires, y compris les cris des ivrognes, le chant des fêtards, la musique des boîtes et des bars, et les coups de klaxon jusqu’à tard dans la nuit. Mes co-internautes, cette outrecuidance issue de nos compatriotes est inacceptable et néfaste pour le bien-être de notre société ! C’est trop ! Afin que nous puissions nous libérer de ce fléau, je souhaite vivement que le gouvernement agisse rapidement et vigoureusement.

Pour entamer cette poursuite, nous devrions nous inspirer des puritains anglais ou même de l’Amérique pendant « la Prohibition » pour trouver des conseils. Il serait raisonnable que le gouvernement (i) proscrive toute consommation d’alcool, (ii) redouble ses efforts contre l’usage de drogues, (iii) interdise les fêtes après le crépuscule, et (iv) ferme toutes les boîtes, étant donné qu’elles encouragent le comportement imprudent. En outre, j’estime que le gouvernement devrait envisager d’interdire tous types de rassemblements, notamment ceux qui se déroulent à l’échelle nationale. Personnellement, de tels rassemblements m’ont causé de nombreuses nuits blanches.

A priori, ces mesures devraient s’avérer efficaces contre le bruit pendant les heures de sommeil. Si besoin, le gouvernement devrait employer la gendarmerie pour faire appliquer ces règles manu militari. En travaillant ensemble, nous pouvons assurer une bonne nuit de sommeil… pour Nous Tous !

Jupiter

(Nombre de mots comptant le titre = 449)


III. Documents

Document 1: Le sommeil des enfants, un enjeu politique

Ils dorment de moins en moins, pas assez. Sans un repos de qualité, c’est toute la vie sociale qui est minée : problèmes de concentration, hypernervosité, mal-être physique. Les départements leur ont offert des tablettes, ils ont des smartphones, on attend d’eux qu’ils se projettent dans l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde. Ils sont notre avenir, ils paieront nos dettes, nos retraites et ils sauveront le climat. […] Eux ? Ce sont les 12,3 millions d’écoliers, de collégiens et de lycéens qui viennent de reprendre les cours.

Mais si, au lieu de parler de révolutions technologiques, on parlait de qualité d’attention, de force de concentration ? Si au lieu de rythmes scolaires, on parlait aussi de leur socle : le sommeil des enfants ? Sans un sommeil suffisant et de qualité, c’est toute la vie sociale qui se trouve minée. Mal dormir entraîne des souffrances physiques, psychiques et sociales ainsi que des difficultés scolaires importantes. Pas d’enfance heureuse sans sommeil heureux. N’oublions jamais que c’est allongés, chaque nuit, que nos enfants grandissent, mémorisent, mûrissent leurs émotions.

Cette nécessité est scientifiquement documentée. S’il n’y a pas de seuils absolus, les références sont, elles, très claires : jusqu’à 12 ans, un enfant devrait dormir onze heures par nuit. En primaire, cela signifie un coucher au plus tard à 20 h 30 pour un lever à 7 h 30 ! Qui respecte cela ? Pour les plus grands, le nombre d’heures décroît avec l’âge, mais demeure de dix heures par nuit entre 12 et 14 ans, et de neuf heures à 15 ans. […] Quand le sommeil se fait fuyant, interrompu, ou trop court, les risques d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires, de cancer, sans parler des accidents de la route, sont accrus. Le coût de l’inaction semble bien supérieur à celui de l’action.

Que faire ? Commencer par encourager la sieste à l’école élémentaire au-delà de la moyenne section ; promouvoir une véritable éducation au sommeil comme sur les autres questions liées à l’hygiène ; introduire dans le carnet de santé de l’enfant des repères de sommeil ; décaler l’heure de début des enseignements, notamment au lycée ; aborder avec les parents la question du sommeil des enfants pendant la grossesse et durant le séjour à la maternité ; cesser enfin de vendre à la jeunesse l’ouverture des villes 24 heures sur 24 comme le summum de la modernité, alors que tous ceux qui travaillent de nuit de façon régulière paient leurs horaires décalés en années d’espérance de vie. Mesures à la fois simples et efficaces, et qui devraient être portées par les politiques publiques. […]

Dalibor Frioux, Jean-Pierre Giordanella, Antoine Hardy et Damien Léger (coauteurs du rapport Terra Nova : « Retrouver le sommeil, une affaire publique »), Libération, 19 septembre 2016.

 

Document 2: Smartphones et tablettes, les ennemis du sommeil

La docteur Sylvie Royant-Parola, présidente du Réseau Morphée, établit un lien entre écrans et sommeil. Les enfants s’endorment de plus en plus tard : 30 % des élèves de 4e trouveraient le sommeil après 23 heures en semaine, selon le sondage. Ils sont de plus en plus nombreux devant un écran avant de s’endormir, pour jouer, regarder des vidéos, envoyer des messages, aller sur les réseaux sociaux… même si la lecture reste encore la plus fréquente avant d’éteindre la lumière. Et 26 % de ces collégiens gardent leur mobile allumé la nuit.

C’est également sur les interactions entre sommeil et nouvelles technologies qu’a porté l’enquête INSV-MGEN, menée par Opinion Way auprès de 1 013 personnes âgées de 18 à 65 ans en décembre 2015, à l’occasion de la seizième édition de la journée du Sommeil du 18 mars. Hyperconnectés, neuf Français sur dix s’adonnent aux nouvelles technologies le soir, note ainsi cette étude. Tablette, ordinateur, smartphone… 36 % les utiliseraient au lit. Et ce, à tout âge. « Ces usages altèrent la qualité du sommeil », insiste la docteur Joëlle Adrien, présidente de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). Les personnes connectées le soir au lit mettent plus de temps à s’endormir, souffrent davantage de troubles du sommeil et dorment plus que la moyenne le week-end, ce qui traduit un besoin de récupération. La dette de sommeil concerne aussi 30 % des adolescents, alors que les médecins recommandent neuf heures de sommeil en moyenne. […]

Autre impact des écrans sur le sommeil, la lumière bleue des diodes électroluminescentes (LED), émise par les écrans, qui active cent fois plus les récepteurs photosensibles non visuels de la rétine (cellules ganglionnaires) que la lumière blanche d’une lampe, favorise l’éveil. « Depuis 2011, une vingtaine d’études sur l’impact négatif de la lumière bleue des écrans sur le rythme circadien et le sommeil ont été publiées », explique Claude Gronfier, chercheur en chronobiologie à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale à Bron (Rhône).

À terme, si les troubles du sommeil s’installent, des effets sur la santé peuvent apparaître, notamment au niveau métabolique (obésité, diabète…). Ainsi « la réduction de la durée de sommeil diminue la leptine et augmente la ghréline (sécrétée par l’estomac, qui stimule l’appétit et réduit la dépense locomotrice), avec pour conséquence une augmentation de l’appétit », relève la Société française de recherche et médecine du sommeil. Un mauvais sommeil peut aussi avoir un impact au niveau psychique (anxiété, dépression) et cognitif (concentration, apprentissage…).

Pascal Santi, Le Monde, 15 mars 2016.