C1 production écrite : L’e-learning

I. Épreuves
Épreuve n°1 : Synthèse de documents
Vous ferez une synthèse des documents proposés, en 220 mots environ (+/- 20 mots). Pour cela, vous dégagerez les idées et les informations essentielles qu’ils contiennent, vous les regrouperez et les classerez en fonction du thème commun à tous ces documents, et vous les présenterez avec vos propres mots, sous forme d’un nouveau texte suivi et cohérent.
Attention :
- vous devez rédiger un texte unique en suivant un ordre qui vous est propre, et non mettre deux résumés bout à bout ;
- vous ne devez pas introduire d’autres idées ou informations que celles qui se trouvent dans les documents, ni faire de commentaires personnels ;
- vous pouvez bien entendu réutiliser les mots-clés des documents, mais non des phrases ou des passages entiers ;
- le respect de la consigne de longueur fait partie intégrante de l’exercice.
Dans le cas de non respect, on appliquera une correction négative : 1 point de moins par tranche de 20 mots en plus ou en moins.
Règle de décompte des mots : est considéré comme mot tout ensemble de signes placés entre deux espaces. «c’est-à-dire » = 1 mot; «un bon sujet
Épreuve n°2 : Essai argumenté
Vous avez lu dans un magazine étudiant une pétition contre l’enseignement en ligne à l’université. Vous écrivez au courrier des lecteurs pour réagir à cette critique. Vous essayez de convaincre des atouts d’un modèle hybride, qui alterne cours à distance et cours en classe. 250 mots minimum
II. Exemple de production écrite
Synthèse
Deux articles parus en octobre 2020 dans Le Parisien Étudiant et Eurnoews abordent le thème de l’e-learning. À la lumière de la crise sanitaire et la montée de l’e-learning qu’elle a provoquée, quelle est l’environnement idéal pour l’enseignement ?
La pandémie a obligé la majorité des institutions d’enseignement à adopter une méthodologie d’instruction en distanciel. En effet, de nombreux professeurs soulignent la multitude de bienfaits qui résultent de l’e-learning. En particulier, ce type d’instruction les a forcés à intégrer de nouvelles technologies qui les ont aidés à améliorer leur qualité d’enseignement. De surcroît, il a remis en cause leurs pratiques existantes, les encourageant à éliminer des pratiques inefficaces. De la perspective des étudiants, ils constatent une diminution de stress notable en travaillant à distance.
Nonobstant de tels avantages, des élèves et éducateurs ne sauraient nier la kyrielle de problèmes que l’e-learning a engendrée ces dernières années. À titre d’exemple, l’apprentissage en distanciel ne s’est avéré guère idéale pour certains sujets, surtout ceux qui s’appuient sur l’interaction entre les étudiants tels que la négociation. Par ailleurs, des éducateurs se sont également rendus compte que le contact en présentiel était indispensable pour les élèves afin qu’ils puissent forger des amitiés et développer des compétences sociales.
En tenant compte de l’expérience des élèves à travers le monde pendant le Covid-19, il semble probable que le meilleur style d’enseignement est dorénavant un mode hybride qui intègre des innovations mises en valeur lors de la pandémie, ainsi que des méthodes traditionnelles et éprouvées.
(mots = 248)
Essai Argumenté
La modèle hybride : l’avenir de l’éducation
À la suite de la publication de la pétition contre l’enseignement en ligne à l’université parue dans votre dernier numéro, je me permets d’écrire au courrier des lecteurs pour exprimer mon profond désaccord. En effet, plutôt que d’abandonner ces méthodes de l’ère pandémique, je suis convaincu que nous devrions redoubler nos efforts et à la fois mettre en œuvre et mettre au point ces outils indispensables, pourtant, dans le cadre d’un modèle d’enseignement hybride.
Tout d’abord, a contrario des opinions exprimées dans votre numéro, il va de soi que certains avantages de l’enseignement se sont avérés indéniables ces dernières années. En particulier, je ferais référence aux nouveaux types d’apprentissage et l’augmentation de l’accès à l’éducation grâce à l’e-learning. À mon université, Sciences Po, nous pouvions offrir nos cours aux étudiants à travers le monde pour la première fois. Dans ma classe, des étudiants pakistanais, taïwanais, brésiliens, entre autres nationalités pouvaient rejoindre et apprendre de certains des meilleurs professeurs en France. De surcroît, nos étudiants français bénéficiaient de cette plus grande diversité d’idées, de cultures, et de points de vue en classe.
Dans la même veine l’enseignement en distanciel a facilité bien des programmes à l’étranger pour nos étudiants, leur permettant par exemple d’étudier les politiques d’Amérique latine en habitant au Mexique, tout en suivant leurs cours avec nos professeurs à distance. J’aimerais vous désabuser de cette idée que l’apprentissage en distanciel soit moins efficace. Bien au contraire, de nombreuses études ont en fait révélé que les étudiants apprenaient mieux certains sujets dans un environnement virtuel !
Néanmoins, je compatis avec mes camarades mécontents. L’enseignement en distanciel peut engendrer de nombreux inconvénients. Beaucoup d’élèves déclarent qu’ils le trouvent difficile de forger et entretenir les amitiés dans le cadre virtuel. Qui plus est, certains peuvent se sentir moins motivés et moins investis dans leurs matériaux et en conséquence ils ont du mal à obtenir de bonnes notes. Finalement, n’oublions pas qu’il peut s’avérer éprouvant de développer notre communauté comme une université ainsi que rencontrer des autres en apprenant à distance.
Cela étant dit, il est clair que nous ne saurions et nous ne devrions pas revenir en arrière et abandonner ces nouvelles pratiques. Ce faisant, nous risquerions de tomber en obsolescence et de perdre du terrain par rapport à nos pairs outre-Manche, outre-Rhin, et outre-Atlantique. Plutôt, nous devrions encourager nos universités à adopter et exploiter les bonnes pratiques et nouvelles technologies que nous avons développées pendant la pandémie pour pouvoir continuer à attirer les meilleurs étudiants du monde en France et renforcer la position de la France comme un chef dans le cadre de l’éducation à travers le monde.
(Nombre de mots en comptant le titre = 447)
III. Documents
Document 1 : Cours en présentiel ou à distance : une rentrée hybride
La rentrée a tout d’explosif. La recrudescence du virus, conjuguée au retour de milliers d’étudiants sur les campus, a déjà provoqué des clusters et pour certains établissements, des fermetures : Sciences-Po Reims et Lille, universités de Poitiers, Bordeaux, Nice, Aix-Marseille, etc. Difficile de savoir combien de temps n’importe quelle formation pourra rester ouverte. Dès lors, un sujet est sur toutes les lèvres : l’enseignement en ligne.
Des formations à distance, l’université Paris-Nanterre en propose depuis plus de 50 ans. « Nous avons connu les cours par voie postale, radio, CD-ROM, Internet... », relate François Regourd, vice-président Initiatives pédagogiques et numériques. Mais si le RER A qui mène à Nanterre est moins rempli que d’habitude, c’est que le e-learning a franchi un nouveau stade. « Nous opérons un roulement, avec maximum 50 % des étudiants présents sur site en même temps », explique-t-il. Seule manière de respecter la distanciation physique. [...]
Phygitale, comodale, multimodale, mixte, hybride, autant de termes nouveaux qui racontent la même histoire, celle d’une rentrée 2020 bien différente des autres. Solution choisie par la plupart des établissements : séparer les classes en deux. Le premier groupe sera présent une semaine, quand les autres suivront à distance, avant d’inverser. « Cela chamboule l’organisation », concède Pierre Grégé, directeur du développement de Next-U Education Group, qui rassemble cinq écoles dont l’Escen, école de commerce, ou encore Webtech Institute pour le numérique. Pour y parvenir, les écoles doivent distinguer les enseignements. « Le confinement a montré que la partie théorique peut être délivrée aussi efficacement en ligne. En revanche, pour la partie pratique, la présence physique nous semble irremplaçable. »
« Nous travaillons depuis longtemps sur le sujet et proposons déjà certains enseignements en ligne », souligne Valérie Fernandes, doyenne de la faculté d’Excelia Group, à La Rochelle et Tours, qui utilise une autre appellation, HyFlex, pour définir ce modèle d’études hybride et flexible. « Il est vrai qu’aujourd’hui, un cap a été franchi, » reconnaît-elle. Pour un groupe comme Excelia, qui compte près de 30 % d’étudiants internationaux dans ses rangs, l’hybridation était un passage obligé. Si certains d’entre eux ont pu rejoindre la France, beaucoup suivront leurs premiers mois d’études depuis leur pays d’origine et rencontreront leurs camarades par chat interposé, en attendant de les rejoindre.
Le confinement a vu l’enseignement passer entièrement en ligne en moins de deux semaines, parfois quelques jours. « Nous pouvons être fiers du travail accompli. Jamais nos cours ne se sont arrêtés. Mais la période a aussi permis de montrer que le e-learning n’était pas optimal pour toutes les disciplines, ni toutes les personnalités », estime Pierre Grégé. Convaincant pour les matières scientifiques, « où les étudiants ont même gagné quelques points », il l’est bien moins pour d’autres domaines, la négociation, par exemple, « où la dimension physique, voire théâtrale, demeure incontournable », selon lui.
Même constat dans les formations axées sur la pratique, dans lesquelles la présence a terriblement manqué. « Nous ne voyons pas les futur de notre enseignement à distance sans une forte part de présence ! », plaide Kévin Guenegan, président de AD Education, groupe qui compte plus d’une douzaine d’écoles à dominante créative. [...]
Le chiffre : 98,5 % des étudiants dans le monde ont vu leur établissement fermer au cours de la pandémie. Source : Unicef, 2020
Nicolas Chalon, Le Parisien Étudiant, 6/10/2020
Document 2 : L’engouement pour l’enseignement à distance sera-t-il durable ?
Le e-learning, l’enseignement à distance grâce aux ressources numériques, n’est pas une nouveauté. Mais la pandémie de Covid-19, qui s’est installée dans différents secteurs, s’est généralisée dans le contexte de la mondialisation. « Nous n’avons jamais été aussi nombreux à être dans un enseignement à distance en même temps », note un responsable du Dubai Hills British School, aux Émirats arabes unis. Au sein de la GEMS International School, la plupart des élèves sont revenus en classe à la rentrée, mais leurs cours sont désormais en présentiel et à distance.
« Pour moi, les derniers mois étaient comme une phase d’apprentissage : je n’ai pas bien vécu ce manque de contacts, je le reconnais, mes élèves m’ont manqué, mon enseignement aussi, les classes également », confie Mike Kraher, directeur de l’enseignement en mathématiques au sein de cette école, avant d’ajouter : « Mais j’ai réussi à maintenir une très grande qualité des cours. Il est clair que désormais, j’ai aimé la technologie en classe : quand j’utilise la tablette, j’essaie d’intégrer toutes ces aides techniques, elles présentent de grands avantages, » a-t-il remarqué. [...]
« Le e-learning doit jouer un rôle, mais ce n’est pas la panacée, » affirme Simon Herbert, directeur de la GEMS International School. « Dans l’éducation, on dit souvent : C’est la grande nouveauté, c’est ce qu’il nous faut pour résoudre toutes les difficultés. Mais au final, ce n’est pas si efficace », dit-il. « Il faut s’intéresser aux meilleures plateformes, au meilleur enseignement et réaliser que certaines pratiques sont meilleures, même au sein de notre groupe, pour apprendre des autres et partager notre expérience dans le monde », insiste-t-il. [...]
Dans certains domaines, l’enseignement mixte en présentiel et en distanciel a déjà montré son efficacité. Un programme mené par une entreprise locale vise à former enseignants et formateurs aux compétences essentielles liées dans leur métier à l’avenir. « On n’a pas attendu la pandémie, mon équipe et moi, pour promouvoir l’idée que l’innovation dans l’éducation ne se résume pas à prendre un contenu et le mettre en ligne », assure Raya Bidshahri, fondatrice et PDF de Awecademy. « Il faut aussi être innovant au niveau des programmes, de la pédagogie, des méthodes d’enseignement et de la manière dont on structure un cours et des activités : au sein de notre académie, on innove en matière de technologie, mais aussi dans la conception de programmes et de méthodes d’évaluation alternatives », déclare-t-elle.
Si l’enseignement à distance a été mis en place par mesure de sécurité, beaucoup craignent cette « déscolarisation » physique. « Ce qui m’a plu dans l’enseignement à distance, c’est que je pouvais rester confortablement installé chez moi », estime Muhammed, un élève adolescent. « Les amis m’ont beaucoup manqué quand même : c’est quelque chose que les élèves demandaient, de savoir quand et comment revoir nos camarades », a estimé aussi une élève, Aziza. La jeune adolescente ajoute : « Quand on a démarré l’école à la maison, j’étais très contente, mais au bout d’un mois, j’étais un peu triste, car mes amis me manquaient. »